Quel sera votre choix ?

Vous êtes devant la vitrine, subjuguée par le bijou. C’est une parure de reine et en même temps, vous vous dites que vous pourriez la porter tous les jours tellement elle semble faite pour vous.

Votre petite voix vous répète que vous n’avez pas le temps pour ces sottises, vous avez passé l’âge de vous attendrir devant une futilité. Vous n’êtes plus une petite fille qui se pâme devant un bijou de princesse parce qu’il brille de mille feux.

Enfin, vous vous dites que ce bijou ne fait pas du tout ce genre là. Il n’est pas clinquant, ni bling-bling, il est juste plein de profondeur et de mystère. Il vous rappelle les histoires mystérieuses que vous aimiez autrefois, avant, avant de devenir sérieuse.

Allez-vous entrer, juste pour l’essayer ?

Non, non. Vous allez vous faire alpaguer par la vendeuse qui saura vous embobiner pour vous faire essayer le collier. Après, vous ne pourrez plus résister et vous l’achèterez.

D’ailleurs, on ne voit même pas le prix. Il doit être cher, très cher. Ce n’est pas la peine de rêver ma pauvre fille, ce n’est pas un bijou pour toi.

Alors dépitée, vous vous détachez de la vitrine et vous partez d’un pas décidé dans la direction du parking. Vous vous sentez forte car vous avez résisté. Ils sont tellement forts ces commerçants pour vous faire miroiter des merveilles à des prix pas possibles et vous faire regretter vos achats juste après, remplie de culpabilité.

Vous êtes arrivée à votre voiture tout à fait sereine et presque fatiguée par l’énergie qu’il vous a fallu pour résister à la tentation. Vous vous installez confortablement au volant, mettez votre ceinture de sécurité et tournez la clé de contact dans la foulée. Silence. Rien ne se passe. La voiture ne démarre pas. Vous vous acharnez à remettre le contact encore et encore mais c’est toujours le point mort. Vous pestez. Vous culpabilisez de vous être attardée devant la vitrine de ce foutu magasin. Vous vous engueulez seule dans votre voiture.

Que faire ?

Vous tentez de vous calmer vous réfléchir. Vous sentez une petite voix malicieuse vous dire : Et si tu retournais au magasin ? Tu as bien besoin d’un petit remontant pour te faire plaisir. Et tout de suite après, l’autre voix, la raisonnable : Mais tu n’y penses pas, faire une dépense alors que ta voiture est foutue !

Et puis, vous êtes trop énervée. Vous ressortez de la voiture en claquant la porte sans même la refermer. Tanpis ! De toute façon, elle ne démarre pas alors qui pourrait bien la voler. Vous repartez d’un bon pas vers la boutique, cette fois bien décidée à entrer pour essayer le collier même si votre petite voix coupable vous dit que vous perdez du temps plutôt que d’appeler le garage avant qu’il ne ferme ou de prendre les transports en commun ou d’appeler quelqu’un pour vous dépanner.

Vous passez la porte du magasin en faisant tinter un signal sonore. Plantée au milieu de la petite boutique, vous attendez que la vendeuse vienne à vous car il n’y a personne pour vous accueillir. Pour patienter, vous faites un petit tour des vitrines disposées tout autour et tentez d’apercevoir de l’intérieur le collier exposé dans la vitrine. Vous ne voyez rien tant le décor est dense et arrangé en coupole au-dessus de l’étalage. Vous désirez essayer quelque chose ? La voix vous fait sursauter tant vous étiez absorbée à dénicher votre collier de l’intérieur.

Vous expliquez votre souhait à la vendeuse qui a l’air sorti d’un conte des 1001 nuits, habillée comme une maharani toute d’or et de safran. Celle-ci prend un air désolé en vous disant qu’elle vient tout juste de le céder à une personne il y a à peine un quart d’heure. Vous êtes tellement déçue mais elle ne vous propose rien d’autre comme l’aurait fait une autre vendeuse. Alors vous lui demandez s’il n’y aurait un autre bijou approchant.

Si vous aviez choisi ce collier aucun autre ne pourra vous satisfaire. Croyez-moi, en choisir un autre par dépit, vous serez terriblement déçue.

Vous repartez de la boutique complètement découragée. Vous vous en voulez et en plus vous allez devoir régler le problème de votre voiture en panne. Sur le trottoir, vos pas vous ramène à votre réalité et vous n’êtes pas vraiment pressée. Vous marchez d’un pas tranquille en réfléchissant au moyen de vous sortir de ce problème.

A un moment vous vous rendez compte que vous avez sûrement dépassé votre voiture et vous faites demi-tour. Toujours pas de voiture. Vous vous seriez trompée de rue ? Vous revenez sur vos pas et refaites le chemin. Non, vous êtes au bon endroit mais votre voiture a complètement disparu. En fait, ce collier vous porte la poisse. Vous avez bien fait de ne pas l’avoir acheté. A moins que ce ne soit le contraire, il se venge de ne pas avoir été acheté. C’est une sorte de malédiction en fait.

Il vous reste une seule chose à faire : appeler quelqu’un pour vous aider. Vous pensez tout de suite à votre meilleure amie mais vous tombez sur son répondeur. Vous laissez un message et vous vous asseyez sur le petit banc devant un gros platane tout près. Vous essayez de vous détendre en fermant les yeux pour respirer calmement et vous persuader qu’il n’y a rien de grave. Tout va bien.

Hé oh ! Véro ! tout va bien ? Vous vous réveillez en sursaut, les yeux inquiets de votre collègue Isa rivés sur vous. Vous balbutiez, les yeux dans le brouillard, le cou engourdi contre votre fauteuil à roulettes. T’as l’air vraiment crevé, tu devrais rentrer chez toi, de toute façon, c’est l’heure de la débauche.

Vous vous redressez, éteignez votre ordinateur et ramassez votre affaire machinalement. çà va aller ? demande toujours inquiète Isa. Oui, oui, t’inquiète, j’ai eu un petit coup de mou.

Vous n’avez qu’une idée en tête. Vérifier si votre rêve en était bien un. Vous n’avez jamais marché aussi vite, vous courez presque pour rejoindre la boutique. Il est là. Aussi beau que dans votre rêve mais était-ce un rêve ?

Quand un bijou vous choisis, n’hésitez plus …

Les émotions vont et viennent comme les vagues. On a beau essayer de les gérer, les dompter, les comprendre, elles font partie de nous et notre seul travail est de les reconnaître. C’est notre face sombre ou notre face lumineuse.

Elles vont et viennent comme le jour succèdent à la nuit. Il n’y a pas a en avoir honte ou à essayer de les cacher, de le repousser, de les ensevelir sous des tonnes d’autres choses, d’autres émotions qui ne sont pas nous, elles rejailliront quoi que l’on fasse.

Elles vont et viennent comme la roue d’un moulin sans fin qui plonge dans l’eau froide et nous retrouve haletant.e pour reprendre notre souffle. Elles nous coupent la respiration, nous barrent le chemin que l’on voulait prendre, sapent notre énergie et mènent notre vie vers une direction qui ne nous convient pas.

Les émotions sont fluctuantes. Le temps qu’il fait, un rayon de soleil, un compliment, une remarque, une proposition, une pensée, un souvenir et tout est changé, chamboulé. Vers le côté sombre. Vers le côté lumineux. Cela dépend d’où nous nous trouvons au moment où cet événement survient.

L’émotion agréable irradie de l’intérieur vers l’extérieur, elle est toute extériorisation. Elle demande à sortir, à exploser à être exprimée et partagée. L’émotion désagréable nous indique qu’une part de nous n’a pas été respectée et qu’elle demande justice pour que l’équilibre soit retrouvé. Ce n’est pas à l’extérieur que nous allons retrouver cette part manquante et cet équilibre, c’est à l’intérieur de nous, en nous.

Cette chose qui arrive est toujours extérieure à nous.

L’émotion désagréable est le signe que nous nous sommes tourné.e vers l’extérieur, vers l’autre, les autres, le regard des autres. Le signe que nous n’avons pas pensé à nous, à notre intérieur, à notre corps et à ce qu’il ressent, à ce qu’il a à nous dire. Le signe que nous nous sommes détachés de nous et que nous avons rompu le lien avec nous-mêmes.

L’intériorité, le silence, le calme, la paix, la solitude, la rêverie, le lien avec la puissance de la nature sont des valeurs qui ont été rejetées, niées, dévalorisées. Elles passent souvent pour être les symboles des parias, des décalés, des exclus, des bizarres, des êtres que l’on ne comprend pas, des femmes bien sûr, mais aussi les comédiens, les artistes, les lecteurs. Le symbole de personnes qui ne font pas vraiment partie de la société, qui s’en écartent par choix ou parce qu’ils ne correspondent pas aux lois dictées par une hiérarchie, qu’elle soit religieuse, étatique ou élitiste. Cette société d’économie de marché qui valorise tout le contraire : le bruit, la consommation, la masse, le profit, la guerre, l’action, le plus offrant, la rapidité. On est tellement plus malléable et plus gouvernable quand on ne pense pas par soi-même et qu’on ne prends pas le temps de réfléchir.

Les émotions nous rappellent à notre humanité

Un peu de bienveillance, de temps et de douceur pour tout ce qui nous relie à notre nature, à notre corps, à ce flux de sang qui coule dans nos veines inlassablement. Quand les émotions nous dérangent, c’est qu’il y a quelque chose à comprendre, quelque chose à écouter, quelque chose à intégrer et à digérer. Les surgissements des sensations désagréables nous disent Pourquoi ? Que se passe-t-il ? De quoi as-tu besoin que tu ne comprends pas ?

Cet article m’a été inspiré par ma lecture du livre de Susan Fletcher Un bûcher sous la neige. L’histoire d’une guérisseuse que l’on traita de sorcière pour les besoins d’une cause qui n’était pas la sienne. L’héroïne Corrag fait toute entière corps avec la nature et l’immanence (CNRTL : présence par mode d’intériorité). L’histoire fait référence au massacre de la communauté de Glencoe dans les Highlands écossaise en 1692 dans le climat de la révolution anglaise. Durant trois siècles, en Grande-Bretagne, plus de 100 000 femmes instruites, indépendantes, âgées furent accusées de sorcellerie, torturées, condamnées et brûlées ou pendues. Corrag est devenue une légende et fait partie du folklore. Si vous aimez les landes sauvages, l’Ecosse et la nature, vous allez adorer.

LE COMPLEXE DE LA SORCIERE d’Isabelle Sorente (JCLattès)

Ce livre m’a absolument scotchée

Les yeux rivés sur le livre achevé en moins d’une semaine (eh non je ne lis pas toute la journée ;-))

La première partie, Apparition, a été une traversée hallucinante.

Bien que je savais déjà quelques « petites » choses sur le martyr des centaines de milliers de femmes soi-disant sorcières. Cela ne se passait pas au Moyen-Age mais bel et bien à la Renaissance et pendant au moins deux siècles.

Ce livre est une enquête foisonnante

Entre recherches et lectures de documentations sur les sorcières, les grandes chasses, créativité et traumatisme et évolution personnel de l’auteur/de la narratrice (sur la couverture, il est noté « roman »). C’est la démonstration du comment les chasses aux sorcières ont eu pour but la négation de soi comme torture mentale comme si les sévices physiques ne suffisaient pas…

Quoiqu’il en soit nous sommes toutes et tous imprégnés et influencés par les grandes chasses dont le traumatisme n’a pu que se transmettre de générations en générations, y compris sur les hommes, témoins, pères, frères, maris, amis, enfants…

Le traumatisme est commun dans toute l’Europe sur des dizaines d’années.

Comment ne pas voir dans nos vies de femmes, voir de certains hommes, le retentissement de ce traumatisme au plus profond de notre psyché et de notre mémoire collective ?

On peut se dire « mais non, ce n’est pas moi ».

Je peux vous dire qu’il suffit de repenser à certains épisodes de nos vies pour y voir beaucoup de nos comportements et ressentis.

À lire, absolument, intensément, passionnément.

Je sais que les sorcières sont « à la mode » et je n’ai aucune envie d’en être une. Juste être une femme dans toute sa puissance créatrice et dans toutes ses facettes. Il n’en suffisait pas autant pour être brûlée à cette époque des débuts de l’imprimerie où les brûlots contre les femmes ont commencés à s’écrire et à se diffuser.

Suivons la joie et la beauté.
Christine

+ d’infos

«  Les histoires que je lis sont celles de femmes accusées d’avoir passé un pacte avec le diable parce qu’un veau est tombé malade. Les histoires que je lis sont celles de femmes qui soignent alors qu’elles n’ont pas le droit d’exercer la médecine, celles de femmes soupçonnées de faire tomber la grêle ou de recracher une hostie à la sortie de la messe. Et moi, je revois le cartable que m’a acheté ma mère pour la rentrée de sixième, un beau cartable en cuir, alors que j’aurais voulu l’un de ces sacs en toile que les autres gosses portent sur une seule épaule, avec une désinvolture dont il me semble déjà que je ne serai jamais capable. Je revois mon père tenant ma mère par la taille un soir d’été, je le revois nous dire, à mon frère et à moi, ce soir, c’est le quatorze juillet, ça vous dirait d’aller voir le feu d’artifice  ? Cette contraction du temps qui se met à résonner, cet afflux de souvenirs que j’avais d’abord pris pour un phénomène passager, non seulement ne s’arrête pas, mais est en train de s’amplifier.  »

En trois siècles, en Europe, plusieurs dizaines de milliers de femmes ont été accusées, emprisonnées ou exécutées. C’est l’empreinte psychique des chasses aux sorcières, et avec elle, celle des secrets de famille, que l’auteure explore dans ce roman envoûtant sur la transmission et nos souvenirs impensables, magiques, enfouis.

«  Roman-enquête dans l’histoire et l’imagerie de la sorcellerie, récit intime d’une adolescence douloureuse. Le complexe de la sorcière se révèle d’une grande finesse.  » Transfuge

«  Ce livre est foisonnant et passionnant. Je mets au défi chaque lectrice et lecteur de ne pas être profondément bouleversé par ce texte.  » Psychologies Magazine

«  Un livre remarquable d’authenticité et ensorcelant de vérité dévoilée.  » La règle du jeu

Source : Site Fnac

Vaste, immense, aimante, mauvaise et tourmentée. L’image de la mère est multiple voire sacrificielle. Et ce n’est pas de cette mère là dont j’ai envie de parler. J’ai envie de parler de la mère que je suis. Ni parfaite, ni imparfaite.

La mère que nous sommes est reliée intimement à la femme que nous sommes.

Inutile de vouloir être autre chose. Inutile de vouloir être mère à tout prix et certainement pas pour la famille, la société ou pour faire comme tout le monde. On croit souvent échapper à tous les conditionnements, on le sent dans nos tripes, faire des enfants semble inévitable et évident quand on naît femme.

Pourtant, rien n’est obligé et à quoi sert de faire des enfants si c’est pour ne pas s’en occuper, pour ne pas les aimer, pour ne pas les respecter.

A l’âge que j’ai eu mes enfants, je n’étais pas prête. Qui l’est ?

Alors j’ai fait comme j’ai pu avec ce que j’étais, ce que je voulais et surtout avec ce que je ne voulais pas. Et cela n’a pas été si mal avec le recul. Je me suis beaucoup appuyée sur Françoise Dolto. Gratitude infinie à elle dans ce monde d’il y a presque 40 ans où nos références étaient bien minces.

Tellement de choses, de contraintes, de culpabilité, de sciences, d’hommes pèsent sur la vie des mères depuis toujours et encore beaucoup maintenant.

N’écoutez pas ceux qui disent, qui savent, qui autorisent, qui assènent, qui croient savoir, qui ordonnent, qui pensent que. Non, écoutez-vous ! Ce qui vient de votre cœur et de vos tripes.

Avec le peu que je sais maintenant, je sais combien nous savons au fond de nous ce qu’il est bon de faire mais aussi tout ce que nous avons perdu à écouter les sirènes de l’économie.

Et non, ce n’est pas pour libérer la femme que nous allons travailler en laissant notre enfant hurler dans la cour de la maternelle c’est pour répondre au besoin de production de notre société. J’ai vécu cette période où les mères au foyer étaient vues comme des arriérées et moi aussi j’ai répondu à ces injonctions la mort dans l’âme.

Nous avons beaucoup perdu à rejeter les connaissances de nos lignées maternelles. On commence à les retrouver petit à petit et l’éducation se transforme avec une meilleure connaissance du cerveau des enfants, des neuro-sciences et grâce aux précurseurs qui soutiennent des démarches plus respectueuses des adultes en devenir que sont les enfants.

Qui dit respect de l’enfant et de ses besoins ne dit pas retour en arrière. C’est au contraire une avancée merveilleuse qui remet l’humain en avant plutôt que l’industrie et le profit.

Je ne dis pas aux mères de rester au foyer. Je dis faites des enfants si vous en avez envie et informez-vous. On n’apprend pas à être mère, ainsi que père, personne ne nous apprend à être des parents. C’est un apprentissage pas à pas que nos enfants nous imposent, alors autant en être conscient dès le départ. Il n’y aura pas de retour en arrière. Notre vie change du jour au lendemain à l’arrivée d’un enfant et croire que tout va redevenir comme avant est un mirage.

Ma vision peut paraître pessimiste. Bien au contraire. Elle est source de liberté pour chacun et de responsabilité face à nos choix. Nos enfants font l’humanité de demain et la manière dont nous allons les accompagner engendre l’avenir de notre planète.

Tellement de chose à dire à ce sujet. Le temps est trop court ici. Peut-être dans un prochain article.

Au mois de juin dernier, mon cœur m’a portée vers un livre dont j’avais beaucoup entendu parler mais sans vraiment rien lire à son sujet. J’ai surfé sur la vague de son succès sans vraiment y attacher d’importance. Il faut dire que j’ai souvent tendance à me méfier des livres que l’on encense et dont on nous rabat les oreilles sur toutes les antennes de radio et dans tous les médias. Et puis, pendant mes vacances dans le Jura, j’ai visité la librairie polinoise à Poligny justement 😉 J’ai déambulée dans les allées pour tomber sur ce livre comme « par hasard ». Cette fois, je n’ai pas résisté à la tentation et je l’ai acheté. Ce livre a tous les atouts pour me plaire : le titre inhabituel, le nom de l’auteur étrange, pour ne pas dire étranger, et le thème qui est celui de l’exil auquel je suis particulièrement attachée de part l’histoire de ma famille maternelle pied-noir espagnole.

L’auteur est iranienne, née à Téhéran, exilée et forcément déracinée, désorientée, désintégrée, DESORIENTALE mais surtout pas intégrée, comme elle déteste ce mot. Quel magnifique préambule que ce titre qui évoque la désintégration que peuvent vivre toutes les personnes arrachées à leur terre natale contre leur gré ou à cause des circonstances qui deviennent intolérables pour leur vie, voire leur survie.

C’est depuis une salle d’attente d’hôpital, où la narratrice attend, que surgissent tous les souvenirs. Ils remontent à la surface dans le désordre comme il en est de nos mémoires. Elle se rappelle les événements passés, heureux ou malheureux, émouvants ou drôles, parfois les deux. Les méandres de nos vies se mêlent et s’entremêlent au beau milieu de nos émotions et de nos sentiments. Le travail est de faire le tri, de démêler la pelote qui nous mène à notre propre identité, à notre propre chemin, indépendamment de notre famille. C’est sans doute encore plus difficile lorsque l’héritage est celui de l’exil.

L’exil est un pays à traverser, un océan à affronter. Il nous parle du fond de notre être. Il est ancré profondément et enraciné bien au-delà de nous-mêmes. On le croit mort et puis un jour il resurgit au détour d’une photographie, d’une chanson ou d’un souvenir qui refait surface.

L’auteur nous raconte le passé en Iran, le présent en France et le futur qui pointe son nez. Elle nous parle d’elle, de sa famille, de l’Iran, des iraniens, de leur histoire, de leurs combats, de leurs défaites, vu avec ses yeux d’enfant, d’adolescente, puis de femme. C’est passionnant, intéressant, émouvant parce qu’elle nous touche, nous parle aussi de nous, de la mémoire, de l’identité, de la famille et des choix que nous devons faire pour grandir.

« Voilà le drame de l’exil. Les choses comme les êtres existent, mais il faut faire semblant de vivre comme s’ils étaient morts« . Négar Djavadi, Désorientale.

Christine Lenoir 🎈

Merci d’avoir lu cet article. J’espère qu’il vous a plu. Si vous l’avez aimé merci de le dire en commentaires et de le transmettre autour de vous grâce aux boutons de partage juste en dessous.

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A très bientôt 🖐

DésorientalePour en savoir plus sur Désorientale de Négar Djavadi

Le mot de l’éditeur : Si nous étions en Iran, cette salle d’attente d’hôpital ressemblerait à un caravansérail, songe Kimiâ. Un joyeux foutoir où s’enchaîneraient bavardages, confidences et anecdotes en cascade. Née à Téhéran, exilée à Paris depuis ses dix ans, Kimiâ a toujours essayé de tenir à distance son pays, sa culture, sa famille. Mais les djinns échappés du passé la rattrapent pour faire défiler l’étourdissant diaporama de l’histoire des Sadr sur trois générations: les tribulations des ancêtres, une décennie de révolution politique, les chemins de traverse de l’adolescence, l’ivresse du rock, le sourire voyou d’une bassiste blonde… Une fresque flamboyante sur la mémoire et l’identité; un grand roman sur l’Iran d’hier et la France d’aujourd’hui.

L’auteur : Négar Djavadi naît en Iran en 1969 dans une famille d’intellectuels
opposants aux régimes du Shah puis de Khomeiny. Elle arrive en France à
l’âge de onze ans, après avoir traversé les montagnes du Kurdistan à cheval
avec sa mère et sa soeur. Diplômée d’une école de cinéma de Bruxelles, elle
travaille quelques années derrière la caméra. Elle est aujourd’hui scénariste
(documentaires, courts-métrages, séries) et vit à Paris. Désorientale est son
premier roman.

Ce qu’en dit la presse : Le livre est paru en avril 2018. Un premier roman salué par la critique, les libraires et les lecteurs. Vendus à plus de 70 000 exemplaires, il a obtenu 20 prix. Déjà vendus dans cinq pays (Allemagne, Espagne, Italie, États-Unis, Roumanie).
«Une voix qui nous enchante autant qu’elle nous étreint.» Le Monde
«De l’émotion, de la comédie, de la fièvre et du drame.» Elle
«Une histoire romanesque en diable, pleine de digressions délicieusement orientales.» Télérama
«Un Mille et Une Nuits rock et contemporain» L’Obs

Il est des livres qui font naître des émotions contradictoires. On ne peut plus les lâcher et en même temps on ne voudrait pas les quitter. On voudrait que l’histoire ne se termine pas. En tout cas, pas maintenant. On a envie de continuer encore un bout de chemin avec les personnages, on veut les suivre encore un peu et voir comment cela va se passer pour eux. C’est ce qui arrive avec « Dans la forêt » de Jean Hegland. C’est ce qui m’est arrivé. Parce que lire « Dans la forêt » est une sorte d’expérience où l’on ne peut pas s’empêcher de se demander comment on ferait, nous, si ce qui arrive aux personnages nous arrivait à nous.

Quand j’ai lu le résumé au dos du livre j’ai tout de suite été emballée par le thème : une famille, deux jeunes filles, seules dans une maison en pleine forêt qui vont devoir se débrouiller pour survivre quand il ne reste plus rien de ce qui fait une société et le monde tel que nous le connaissons. Tout est anéanti : plus d’essence, plus d’électricité, plus de téléphone, quelques réserves de nourriture, aucun moyen de communication et la solitude partout. Il ne subsiste que les liens familiaux et la nature autour.

Imaginez vous dans une maison où il n’y a plus ni chauffage, ni éclairage. On vit avec la lumière du jour, autour de la chaleur du poêle car la seule chose qu’il y a en abondance c’est du bois. Nous n’avons pas appris à survivre avec ce que nous avons à notre disposition autour de nous. Nous savons aller dans un magasin, acheter ce dont nous avons besoin, rentrer chez soi pour le cuisiner sans nous poser trop de questions. Que ferions-nous dans  cette situation et sans tous les moyens d’informations qu’Internet nous apporte. Avons-nous des livres de botanique, de jardinage pour nous apprendre à nous nourrir nous mêmes ? Avons-nous des livres de médecine pour nous soigner ?

C’est pourtant ce que Nell et Eva vont vivre avec tout l’amour que deux sœurs peuvent se porter, avec les choix qu’il faudra faire et toutes les ressources qu’elles ont en elles sans même le savoir. Elles vont apprendre à se mettre à l’écoute de tout ce qui les entoure au cœur de la forêt, observer, sentir, ressentir, se battre, vaincre leurs peurs les plus profondes, expérimenter chaque jour les richesses qu’elles ne soupçonnaient pas.

Ce livre merveilleux, plein de sensualité, d’amour et de courage questionne sur notre rapport à la nature, aux souvenirs et à notre existence.

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Christine Lenoir

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Pour plus d’informations sur le livre, voici les notes de l’éditeur Gallmeister :

Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours présentes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l’inconnu il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, remplie d’inépuisables richesses.

Véritable choc littéraire aux États-Unis, best-seller mondial, un roman d’apprentissage sensuel et puissant.

À PROPOS DU LIVRE

Ce livre est adapté au cinéma avec Ellen Page et Evan Rachel Wood dans les rôles principaux.

Le roman est lauréat du Prix de l’Union Interalliée 2018, dans la catégorie « romans étrangers » et du prix des lecteurs du pays de Mortagne.

DANS LA PRESSE

Dans la forêt nous confronte à la cruauté de la nature. À la fois belle et laide, puissante et dangereuse, toujours fascinante, elle est le terrain de tous les possibles. Elle peut nous détruire comme elle peut nous faire renaître.
 

Adrien Corbeel, RTBF

Dans la forêt est un livre d’espoir, où les héroïnes vibrent d’amour et d’audace. On tourne les pages, ému par le courage des deux sœurs, et on frémit en imaginant un avenir— pas si lointain — où — qui sait ? —leur livre pourrait nous sauver la vie.

Fabrice Colin, LE NOUVEAU MAGAZINE LITTÉRAIRE

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LES LIBRAIRES EN PARLENT

Voici la très belle histoire de Nell et Eva, une histoire qui questionne sur le rapport à la nature et pose les questions essentielles de notre présence au monde. Des pages magnifiques, des personnages fabuleux, un texte envoûtant jusqu’au final, explosif et inoubliable. 

Le Gang de la clef à molette – Marmande

N’ayons pas peur des mots : nous voici donc en présence d’un authentique chef-d’oœuvre. D’un absolue beauté, intense et bouleversant, ce roman puissant est une ôde aux force magnétiques tour à tout destructives et salvatrices de la nature. Magnifique.

La Mouette rieuse – Paris

« Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas » (Tao-tö king, Lao-tseu)

Cette citation accompagne ma route depuis bien longtemps. C’est même par cette phrase que mon ex-mari m’a invitée la première fois à partir en week-end avec lui 😉 C’est dire ! Sans doute un signe du destin pour moi qui prône le système des petits pas. Je ne suis pas la seule à le dire car c’est sans doute le meilleur et le plus sûr moyen d’avancer vers ses buts et de mettre en place ses projets petit à petit.

Allez je vous emmène en voyage. L’un de mes buts dans la vie. Partir, voir d’autres horizons, connaître d’autres cultures, c’est une de mes plus grandes joies. Mon premier voyage a eu lieu en Grèce. Il aurait du être très important pour moi mais je n’étais préparée ni aux rencontres, ni à la chaleur, ni au changement complet d’environnement. D’ailleurs, je n’ai fait aucune photo et il ne me reste que de vagues souvenirs : une chambre d’hôtel, une plage de galets, la piscine, une balade en bâteau, le petit village du coin. Je n’ai rien vu et rien visité. Trop chaud, levée trop tard. Pas vraiment un désastre mais pas loin. Je retournerai en Grèce beaucoup plus tard mais c’est une autre histoire.

De nombreuses années après, j’ai fait un 2ème pas vers le voyage. Cette fois-ci j’ai choisi La Réunion pour rejoindre une amie qui y vivait à l’époque. Mon seul risque c’était les 12 heures d’avion qui restent toujours un moment pas vraiment fun. L’idée d’être coincée sur un siège pendant de longues heures ne me réjouissait pas mais j’ai passé le cap.

La Réunion est une île merveilleuse, un gros caillou posé sur l’Océan Indien. J’y ai découvert les plages de paradis, le lagon, la nage au milieu des coraux avec le tuba que j’ai eu beaucoup de mal à apprivoiser et à trouver le coup pour respirer avec. J’ai admiré la végétation tropicale luxuriante, le cirque de Cilaos, la plaine des sables, le Piton de la Fournaise où j’ai galéré comme une malade sur les cailloux du cratère, Cap Méchant, le jardin des épices. J’ai vu les piques niques créoles sous les vacoas, les flambloyants et l’arbre des voyageurs, le marché aux étals regorgeant de couleurs et de fruits. J’ai apprécié la saveur des ananas, des bananes et des litchis comme nulle part ailleurs et la délicieuse cuisine créole avec les coeurs de palmiers frais, les samoussas, le rougail saucisses, le civet de zourite, le cari.

Vous voyez mon second essai de voyage semble beaucoup plus réussi que le premier. J’avais choisi plus judicieusement ma destination. Je savais que j’étais novice en la matière et j’y suis allé tout doux. Et c’est deux ans plus tard que je tentais le 3ème pas. Après, je ne me suis plus arrêtée et j’en suis tellement heureuse. Et vous quel sera votre premier pas dans ce voyage de mille lieues ?

Si vous décidez de commencer à rêver et de faire un premier pas en douceur vers le voyage que vous n’avez pas encore fait. Peut être aurez-vous envie de découvrir les accompagnements créatifs sur mesure. Une parenthèse au milieu du quotidien pour prendre le temps de partir à l’aventure pour un atterrissage en douceur sans décalage horaire où vous vous laisserez porter par le voyage qui vous fait pétiller de bonheur rien que d’y penser. Mettez en lumière votre voyage tant désiré, réel ou imaginaire, en le créant dans votre carnet de voyage. Faites le premier pas… 

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