« Rendre lumineux, éclairer d’une vive lumière »

Comme une envie de mettre de l’or partout.

Laisser entrer la lumière avant que tout s’éteigne.

Je ne peux pas m’empêcher de penser à l’ombre qui gagne parfois.

C’est un cycle éternel que de passer de l’ombre à la lumière. Explorer nos forces obscures, mieux les connaître, pour renaître à soi et au monde.

Envie de joie et de légèreté. L’éphémère est notre condition.

Tirer la carte du Soleil et se dire que c’est dimanche. Sunday est tellement plus approprié.

On dit « les gens heureux n’ont pas d’histoire » Qui le dit ? Quel mépris !

Ce serait oublier tous les bonheurs et graver le malheur.

Le bonheur a plein de choses à dire, il suffit de le regarder, de s’en gaver, de se remplir, d’en faire des provisions pour plus tard, d’en remplir nos placards.

Définition du mot « enluminer » CNRTL

Le regard.

Révélateur du reflet de notre âme qui traverse la couleur de nos yeux.

C’est peut-être pour cela que nous avons si peur du regard des autres.

Inquisiteur, bienveillant, doux, rieur.

En ces jours, depuis des semaines, le regard est devenu le point d’appui de notre lien avec l’autre.

Le masque le met en lumière plus que jamais.

Nous le détestons, il nous agace, il nous fait suer. On en parle à tort et à travers. On est pour. On est contre. On l’accepte. On le refuse. On fait avec.

Et si nous retournions la situation. Si c’était l’occasion de mettre notre regard en lumière, de dire avec nos yeux, de sourire avec nos yeux, de communiquer avec nos regards, de faire passer le message du cœur et de l’âme.

Et puis, de fermer les yeux aussi plutôt que de laisser nos écrans envahir notre regard.

Regardons à l’intérieur.

Que ressentons-nous quand notre regardons se retourne comme un gant ?

Que nous dis notre corps ? A-t-il mal ? Notre position est-elle juste ? Notre respiration s’apaise ou au contraire avons-nous besoins de plus d’air.

Arrêtons-nous un instant.

Regardons l’autre.

Regardons nous sans miroir.

Regardons ce que l’autre veut dire.

Regardons le message de notre corps.

Etre cette personne aimable, joyeuse et légère. Cette personne qui écoute et qui soutient.

Non je ne suis pas toujours cette personne là, celle que tout le monde voit, celle que je voudrais toujours être. Les apparences sont parfois trompeuses.

Je veux bien montrer ma vulnérabilité mais pas mes zones d’ombre. Je les garde pour moi. Rien n’oblige à tout dire, tout montrer.

C’est peut-être de famille. C’est peut-être dans mon sang et ma lignée comme dit Benjamin Biolay dans la chanson « Mon enfant » que j’ai écouté hier à la radio.

Etre consciente des racines que je porte c’est être consciente de ce que je transmets à mes enfants, à mes proches, aux autres.

Connaître sa part d’ombre c’est éviter de faire porter le chapeau aux autres, c’est prendre la responsabilité de ses pensées et de ses actes.

Ma part d’ombre agit tapie au plus profond de moi. Parfois, je la reconnais. Parfois, elle éclate sans crier garde ou m’échappe malgré moi comme le couvercle d’une cocotte qui saute brusquement. C’est une soupape de sécurité qui empêche l’explosion intérieure.

Un ras-le-bol qui déborde. Des émotions trop longtemps contenues. Exprimer, s’exprimer encore et toujours pour se faire du bien. Ma manière à moi c’est d’écrire souvent, parfois de peindre, toujours de créer à partir de moi. Parfois juste pour moi, parfois pour le partager, le transmettre.

C’est la nuit noire de l’âme.

Tout semble solitude, ennui, catastrophe et inutilité.

Le bonheur, la joie et la légèreté n’existe plus.

Je me noie dans cette eau sombre qui m’engloutie.

Je ne peux m’empêcher de penser à ce jour de lune noire.

Sombrer dans la noirceur, se gaver de pensées obscures, crier son inutilité au monde, rabâcher la tristesse à tous les vents, se perdre dans le vertige du vide immense en soi.

Laisser venir les larmes, s’apaiser dans cette bienveillance à soi-même où l’on s’autorise la vulnérabilité.

Regarder en soi ce qui peine à émerger.

Voir déjà le fond.

Relever la tête pour apercevoir ce puits de lumière qui vient des cieux.

Et renaître en un instant.

Vaste, immense, aimante, mauvaise et tourmentée. L’image de la mère est multiple voire sacrificielle. Et ce n’est pas de cette mère là dont j’ai envie de parler. J’ai envie de parler de la mère que je suis. Ni parfaite, ni imparfaite.

La mère que nous sommes est reliée intimement à la femme que nous sommes.

Inutile de vouloir être autre chose. Inutile de vouloir être mère à tout prix et certainement pas pour la famille, la société ou pour faire comme tout le monde. On croit souvent échapper à tous les conditionnements, on le sent dans nos tripes, faire des enfants semble inévitable et évident quand on naît femme.

Pourtant, rien n’est obligé et à quoi sert de faire des enfants si c’est pour ne pas s’en occuper, pour ne pas les aimer, pour ne pas les respecter.

A l’âge que j’ai eu mes enfants, je n’étais pas prête. Qui l’est ?

Alors j’ai fait comme j’ai pu avec ce que j’étais, ce que je voulais et surtout avec ce que je ne voulais pas. Et cela n’a pas été si mal avec le recul. Je me suis beaucoup appuyée sur Françoise Dolto. Gratitude infinie à elle dans ce monde d’il y a presque 40 ans où nos références étaient bien minces.

Tellement de choses, de contraintes, de culpabilité, de sciences, d’hommes pèsent sur la vie des mères depuis toujours et encore beaucoup maintenant.

N’écoutez pas ceux qui disent, qui savent, qui autorisent, qui assènent, qui croient savoir, qui ordonnent, qui pensent que. Non, écoutez-vous ! Ce qui vient de votre cœur et de vos tripes.

Avec le peu que je sais maintenant, je sais combien nous savons au fond de nous ce qu’il est bon de faire mais aussi tout ce que nous avons perdu à écouter les sirènes de l’économie.

Et non, ce n’est pas pour libérer la femme que nous allons travailler en laissant notre enfant hurler dans la cour de la maternelle c’est pour répondre au besoin de production de notre société. J’ai vécu cette période où les mères au foyer étaient vues comme des arriérées et moi aussi j’ai répondu à ces injonctions la mort dans l’âme.

Nous avons beaucoup perdu à rejeter les connaissances de nos lignées maternelles. On commence à les retrouver petit à petit et l’éducation se transforme avec une meilleure connaissance du cerveau des enfants, des neuro-sciences et grâce aux précurseurs qui soutiennent des démarches plus respectueuses des adultes en devenir que sont les enfants.

Qui dit respect de l’enfant et de ses besoins ne dit pas retour en arrière. C’est au contraire une avancée merveilleuse qui remet l’humain en avant plutôt que l’industrie et le profit.

Je ne dis pas aux mères de rester au foyer. Je dis faites des enfants si vous en avez envie et informez-vous. On n’apprend pas à être mère, ainsi que père, personne ne nous apprend à être des parents. C’est un apprentissage pas à pas que nos enfants nous imposent, alors autant en être conscient dès le départ. Il n’y aura pas de retour en arrière. Notre vie change du jour au lendemain à l’arrivée d’un enfant et croire que tout va redevenir comme avant est un mirage.

Ma vision peut paraître pessimiste. Bien au contraire. Elle est source de liberté pour chacun et de responsabilité face à nos choix. Nos enfants font l’humanité de demain et la manière dont nous allons les accompagner engendre l’avenir de notre planète.

Tellement de chose à dire à ce sujet. Le temps est trop court ici. Peut-être dans un prochain article.

#1509 Mon chat est un maître zen

Dur, dur, parfois. Ce jour qui vient pour faire quoi. Il est rempli d’à quoi bon.

Le découragement. Le doute. La solitude. L’inconsistance envahit l’espace.

Qu’il fasse beau, qu’il fasse gris.

Le temps n’est que le révélateur de l’état intérieur.

Partir sans réfléchir, se jeter dans les tâches du quotidien, se raccrocher aux habitudes, aux rituels, au travail.

Non, le sens de tout cela ne vient pas à moi.

Le chat réclame des caresses.

Il me tire de ma spirale et m’aspire vers l’attention à autre chose.

Je me pose un moment avec lui. Je respire.

Les pensées sombres s’échappent. Elles n’aiment pas le calme.

Le tourbillon s’apaise, les nuages s’éloignent, les ruminations s’évanouissent.

Je reviens à moi, au présent, là, sur le fauteuil.

Mon chat est un maître zen.

La journée peut commencer.

Aujourd’hui est ce que j’en fais avec ce qui se présente.

Plus nous donnons, plus il est important de nourrir sa source, son être intérieur.

Cette source ne se tarit jamais si nous prenons soin de la remplir le plus souvent possible et dès que nous en ressentons le besoin.

Répondez à l’appel de l’enfant qui a faim en vous, n’attendez pas qu’il s’étiole, s’épuise, vacille et commence à se ternir.

Soyez bon et bienveillant avec lui, votre force vient de lui, votre puissance rayonne avec lui.

Honorez-le. Chérissez-le.

Contemplez votre oeuvre et remerciez.

Tout nous est donné – Christine Lenoir – 14092020

Retour à l’Art Journal.

Connaissez-vous cette pratique entre écriture et arts plastiques ?

J’utilise l’Art Journal depuis de nombreuses années, parfois tous les jours, suivant les périodes, quand j’en ressens le besoin, l’envie.

L’Art Journal est une forme de journal intime visuel

Joyeux, léger où l’on peut écrire ou non.

Il nous emmène mine de rien vers plus de connaissance de soi, plus de réponses, plus de sérénité, plus d’apaisement.

Je pratique l’Art-Journal sur un cahier, ligné ou non, petit ou grand format.

Il peut également se réaliser sur des feuilles, sur des vieux livres, sur ce livre que vous ne lisez pas, un livre de recettes inutiles. Ce qui est intéressant car on utilise les textes et les illustrations existantes si on le souhaite.

Une activité libre de connaissance de soi.

On se laisse aller à l’écriture, à la poésie, au collage, à la peinture, aux pastels, aux feutres. De nombreuses techniques peuvent être utilisées au gré de ses envies ou vers les matériaux qui font sens pour soi.

Quand on a pas envie d’écrire, quand on ne trouve pas les mots, quand on ne veut pas dire, l’Art Journal est idéal.

Le travail souterrain de l’Art Journal

L’Art-Journal parle à notre inconscient, à notre for intérieur. Les choses et les idées viennent d’elles mêmes sans qu’on y pense. Elles se présentent naturellement à nous. Laissez les venir à vous, elles seront justes dans le présent que vous vivez.

Les matériaux que vous avez sous la main

Inutile d’acheter des matériaux coûteux, un cahier spécial.

De simples feuilles blanches, des cartons d’emballage, de la colle, des images et des mots découpés dans un magazine ou des prospectus gratuits, des ciseaux ou non, des bouts de ficelle, des feuilles mortes.

Tout est prétexte à la créativité sur l’Art Journal, c’est totalement libre. Il demande juste un peu de temps à accorder à vous même, de vous consacrer un peu de temps, même un peu.

Pour commencer, prenez une boîte (à chaussures) où vous collectionnerez au fil du temps des éléments qui vous intéressent, rangez-y de la colle et des ciseaux, un vieux livre, quelques feuilles. Ainsi votre atelier est prêt dès que vous avez un quart d’heure ou plus.

Belle créativité à vous.

Cette casserole de lait qui passe par-dessus bord.

La bouteille que l’on remplit jusqu’à déborder.

Un robinet qui fuit.

Ce rouage qui grince.

Mal de dents.

Le linge sale qui déborde.

Les amis que l’on oublie d’appeler.

Une poubelle qui déborde.

Les habitudes qui tuent l’amour à petit feu.

Ce petit trou dans mon pull.

Une douleur qui ne passe pas.

Cette personne qui se fane de l’intérieur.

La détresse que l’on voit, que l’on entend.

L’ennui qui s’étend.

Le temps d’avant la catastrophe.

Le monde déborde de précipitation.

Avant d’arriver trop tard.

Prendre le temps de regarder, de dire, de faire, d’agir.

Prenez le temps.

La journée qui commence.

La lumière dorée du lever de soleil sur le pin dans le jardin.

Le frôlement des ailes du vol de l’oiseau.

La clarté de l’air du matin sur la peau, dans les poumons.

Le sable du temps qui s’écoule sans bruit inexorablement.

Les yeux apaisés et confiants d’un bébé.

Les mots de l’enfant qui raconte une histoire.

Le bruissement des vagues qui s’évanouissent sur le sable mouillé un soir.

Les roues du vélo qui chantent dans la descente.

L’air frais qui passe sur mon visage.

Les bras qui cajolent et qui aiment.

L’immensité des cieux.

Toute l’abondance dans un fruit.

La douceur d’une main tendue.

La vie qui pulse et bat à chaque seconde.

L’infini du ciel étoilé.

Mon ordinateur a failli ne pas démarrer.

Je me voyais déjà mettre le titre Nada, parce que je n’aurais pas le temps d’écrire quoi que ce soit. Et puis, non. J’ai redémarrré et c’est reparti sur les rails.

Il y a des matins comme çà où l’on rêve que rien ne fonctionne pour avoir une bonne occasion de ne rien faire.

Il y a des jours où tout arrêter pour fuir semble la meilleure solution.

Pour un tas de raisons, on est découragé, fatigué, sans énergie, on a tout essayé et puis non, vraiment, on ne peut plus continuer.

C’est peut-être le jour où il faut s’écouter un peu, être doux avec soi, se dire qu’après tout ce n’est pas si grave de ne pas écrire ce matin, de ne pas y aller, au boulot ou ailleurs, pour cette fois, rien qu’une fois, se laisser aller.

Et puis, non.

Du fin fond du découragement, de l’ennui, de la fatigue et de sans doute bien d’autres causes qui nous empêchent, on se dit que l’on va y aller quand même.

Il faut juste prendre un peu plus de temps, laisser passer en douceur les émotions qui émergent. Ben oui, on est pas des machines. Et puis, même les robots ont besoin d’attention et de soins.

C’est un passage à vide, un cycle, on sait que l’énergie va remonter ou pas. C’est qu’il faudra se poser des questions et écouter un peu son corps car c’est lui notre grande boussole. Là ce n’est que ma tête qui turbine de l’inquiétude.

Ajoutons un peu de légèreté, une dose de sourire, en acceptant de ne pas toujours être performant, et tout change en étant simplement humain.

Plutôt que vaincre et mourir, se dire vivre et laisser passer la vague de rien, le creux. Il y avait peut être trop de platitude dans mon paysage, il me fallait une vallée ressourçante pour continuer le chemin.

Prenez soin de vous.

Ecrire pour quoi faire ?

C’est la température de mes humeurs du matin.

Aux siècles passées, les humeurs n’étaient elles pas une forme de déchets, des fluides du corps qui s’évacuaient pour poser un diagnostic sur l’état du malade ?

Mon écriture peut parfois être un déversement sans fin, sans queue ni tête, de ce que ma dite tête a besoin d’évacuer au dehors.

Parfois les pensées sont plus ordonnées, plus sensées, elles paraissent aller d’un point A à un point B sans que je m’en aperçoive. C’est comme une boucle parfaite. Je me sens guidée.

Ecrire, pour se relier au monde et aux autres.

Pour dire, vous voyez, je suis comme vous, je suis comme certains d’entre vous.

L’écriture se fait alors lien entre les solitudes, entre ceux qui se croyaient seuls.

Je suis seule et ils sont si nombreux. La foule n’est jamais qu’une somme d’individus.

L’écriture devient signe de reconnaissance.

Un drapeau au-dessus de la mêlée.

Les censeurs ne se sont pas trompés. L’écriture peut être dangereuse pour le pouvoir car elle rassemble.

L’écriture se fait révolutionnaire.

Oui c’est çà. En ce moment, ce matin, je suis d’humeur révolutionnaire.

Prenez soin de vous.

Avec mon bonnet phrygien fait maison 😉