Christine Lenoir

Créations textiles upcyclées, œuvres originales et ateliers, écrivain public

La créativité dont j’ai envie de vous parler, c’est celle que je pratique et dont je vois les bienfaits pour moi-même. La créativité est un outil qui fait déjà partie de notre vie souvent sans le savoir et qu’il faut parfois apprivoiser ou oser écouter.

La créativité est un souffle qui nous traverse.

Comme après l’inspiration, vient l’expiration. La créativité est comme le cycle de la respiration. Elle naît au creux de nous, avec notre cuisine intérieure faite d’émotions, d’énergie, de sentiments, de pensées, d’idées. Elle peut venir de manière désordonnée ou encore embrouillée mais elle ne demande qu’à être matérialisée d’une façon ou d’une autre.

Créer est ouvert à tous

Que l’on apprenne un savoir-faire dans un cours ou que l’on se lance seul.e. Il n’y a pas de règle. Créer appartient à tous. La créativité est démocratique. Elle peut se concevoir avec les moyens du bord, avec l’histoire de chacun, quelque soit notre état d’esprit.

Le seul passage obligé est de se lancer. Même la technique la plus discrète demande à être matérialisée, montrée, exposée pour soi, pour quelques uns, pour beaucoup, pour tous.

Créer pour exprimer

La créativité n’est pas un nouveau concept à la mode. Bien au contraire, l’art existe depuis les débuts de l’humanité, depuis que les êtres humains ressentent, pensent et élaborent.

Créer répond au besoin impérieux d’exprimer quelque chose. Que ce soit une idée, un sentiment, une émotion, c’est un mouvement vers l’extérieur, un besoin impérieux de dire, de faire, d’exprimer ce qui remonte de notre être intérieur.

Cela peut se présenter de 1001 manières avec les mains, les pieds, la tête et tous les sens. La créativité a une palette immense à sa disposition, des techniques et des outils qui vont de l’écriture au théâtre, de la danse au modelage, de la peinture à la calligraphie, du mime au chant, de la photographie au graphisme, de la recherche au crochet, du tissage à la couture, de la cuisine à la bijouterie…

C’est la manière qu’a chacun d’extérioriser ce qu’il a à dire avec ce que la vie a mis à sa disposition, avec les matériaux qui permettent cette expression, la dextérité personnelle et les talents particuliers.

Créer c’est inventer

Inventer avec ce que l’on est et ce que l’on a. Avec un stylo bille sur un cahier, un bâton sur la plage, un bout de carton et de la ficelle, des vieux journaux et mêmes des déchets.

L’invention de la créativité n’a pas de limite. Les possibilités sont immenses si l’on n’écoute pas nos croyances, si on dépasse les codes et les étiquettes.

Créer pour mieux vivre

Créer fait partie de la vie, de l’énergie qui circule en nos corps et nos esprits. Tout ce qui reste coincé en nous sature notre être. Comme on dit « tout ce qui ne s’exprime pas, s’imprime ».

Laisser libre court à notre expression créative permet de nous libérer, de lâcher la pression sur des ruminations, des colères, des ressentiments. Mais il n’y a pas que les émotions désagréables à dire. Les émotions agréables telles que la joie, l’enthousiasme, le plaisir sont tout aussi importantes à extérioriser si le besoin s’en fait sentir.

Explorer et révéler sa créativité fait circuler l’énergie et permet de ressentir avec plus d’acuité ce qui nous rend vivant.e. Créer permet d’être à l’écoute de son corps, ses sensations, ses ressentis et de développer ses capacités pour soi-même mais dans notre lien avec l’autre.

La créativité laisse entrevoir la possibilité de moments agréables, de plaisir et de bien-être. Le cours de la vie s’en trouve embellit, rechargé, agrandit de projets qui ouvrent vers un ailleurs réjouissant.

Créer pour la beauté

Quelque soit ce qui dort au fond de soi, la créativité permet de l’exprimer et de le matérialiser, d’en faire une œuvre qui peut toucher une part de nous même. La chose est exprimée, elle nous transforme en observateur.ice. Elle nous apprend à être, à voir, à regarder d’un autre oeil, à être curieux.se.

La créativité permet d’accueillir des parts de soi que l’on avait pas vues, pas comprises, pas aimées. On peut les trouver belles à les regarder dans les yeux. D’autres peuvent être sensibles à cette expression de nous même, la juger belle, l’aimer.

Nous réalisons que notre expression créative peut créer de la beauté. Ce bout de nous imaginé peut être beau et aimable. La beauté nous aide à mieux nous aimer en la partageant avec le monde qui nous entoure.

Christine

Si vous souhaitez partager vos ressentis, laissez un commentaire ci-dessous. Il existe 1001 chemins pour laisser entrer la créativité dans votre vie. En voici quelques-uns : Vous pouvez vous inscrire au Caravansérail pour recevoir des inspirations, de l’énergie et des pistes d’exploration, découvrir la boutique d’inspiration aux voyages Caravanes, flâner dans les accompagnements et ateliers de Carrosses.

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Provocation ou interrogation ?

Hier, au petit-déjeuner, je me faisais cette réflexion : si les gens continuaient à évoluer tout au long de leur vie, il y aurait peut être beaucoup moins de lassitude et d’ennui dans les couples.

A part, celles et ceux qui vivent avec un.e psychopathe ou un.e manipulateur.ice pervers.e, le problème numéro 1 de la vie de couple et de famille en général c’est le train-train du métro-boulot-dodo, même si certains ont rayé la case métro depuis la crise sanitaire.

Avec le temps, les habitudes s’installent et la lassitude gagne toutes les sphères de la vie quotidienne. Et cela ne concerne pas que les personnes en couple.

Je le vois bien autour de moi. Parmi les personnes que je connais de près ou de loin. Beaucoup attendent la retraite après une vie passée à travailler à un boulot pas forcément très épanouissant. Et je les comprends parfaitement.

Les souhaits d’évolution sont propres à tous les êtres humains. C’est un concept qui me paraît parfaitement naturel mais qui n’est pas évident pour tout le monde.

«Le rêve est la nourriture de l’âme comme les aliments sont la nourriture du corps. »

–Paolo Coehlo

Pourquoi évoluer ?

Qui que nous soyons, nous avons des envies, des désirs et des besoins d’accomplissement pour vivre une vie plus épanouissante. Nous sommes tous à la recherche du bonheur.

Tout simplement, parce que la plupart d’entre nous avons été élevés avec des conditionnements, des croyances et des blocages et que nous ressentons le besoin d’aller au-delà de ce que nous voyons.

Nous avons fait comme nous avons pu tant que nous étions enfants et adolescents mais à l’âge adulte, on aspire à une vie au plus près de ce qui nous fait vibrer.

Ce besoin d’accomplissement peut prendre des formes diverses : se mettre au macramé, à la calligraphie, à la couture, apprendre un instrument de musique ou une nouvelle langue, voyager… Pour d’autres, ce sera une reconversion professionnelle, tout envoyer en l’air ou un divorce.

Espérer que nos enfants fassent eux-mêmes des enfants peut être une option mais elle ne suffira pas à combler nos aspirations profondes, ni à nourrir nos besoins de réalisation, ni à remplir les journées une fois à la retraite.

Pourquoi rester à sa place ?

Bien sûr, si votre vie vous comble parfaitement ou que vous êtes bien comme vous êtes, pourquoi pas ? Si vous aimez vos habitudes et votre vie. Pas de problème.

Mais si vous ne ressentez pas d’enthousiasme, si vous rêvez de gagner au Loto pour changer de vie, si vous faites du shopping pour vous faire plaisir tous les samedis, si le matin vous vous levez en trainant les pieds, la seule raison qui vous maintient à votre place c’est la peur du changement.

Tout le monde a peur. C’est une émotion partagée par tous les êtres humains.

Peur de changer de boulot. Peur d’être se trouver au chômage. Peur de ne plus avoir d’argent, d’être à la rue, d’être seul.e, de mourir, d’être malade ou handicapé.e, de n’être plus aimé.e, d’avoir mal. Et c’est normal !

Le peur est une émotion qui peut nous sauver la vie. Si ce n’est pas le cas, tenter de l’apprivoiser permet de ne plus mettre de barrière entre nous et ce dont nous avons besoin pour vivre en harmonie avec nous-même.

La dictature du bonheur peut être bloquante et culpabilisante (d’ailleurs j’en parle dans mon article Lâchez-moi l’enfant intérieur). Ce qui compte c’est votre perception intérieure, ce que vous ressentez en vous.

Qu’est ce que çà change ?

Rien si vous ne faites rien. Rien si vous en faites trop. Rien si vous ne vous écoutez pas. Rien si vous ne partez pas de vous.

Tout peut changer si vous suivez ce qui vibre à l’intérieur, si vous écoutez battre votre cœur, si vous vous poser pour écouter votre respiration, si vous installez une micro-habitude pour ne pas brusquer, mine de rien, si vous décidez simplement de prendre 5 minutes ou 15 minutes par jour vous allez voir ailleurs si vous y êtes.

Explorez votre micro-révolution, faites un pas de côté, vérifier que tout ne s’écroule pas et continuez si çà vous fait plaisir, si cela vous met en joie…

Que vous soyez célibataire ou en couple, pas besoin de tout détruire pour construire de nouveaux chemins que l’on peut faire ensemble pour se créer, inventer, transformer sa vie.

Si non testez les itinéraires Carrosses, ils sont faits pour çà, des chemins de traverse incognito pour vivre votre révolution intérieure à petits pas.

Christine Lenoir

Si mes souvenirs sont exactes, voici une photo de Kandy, prise en voyage au Sri Lanka ou Ceylan. C’est une ville paisible et un peu magique.

Quel sera votre choix ?

Vous êtes devant la vitrine, subjuguée par le bijou. C’est une parure de reine et en même temps, vous vous dites que vous pourriez la porter tous les jours tellement elle semble faite pour vous.

Votre petite voix vous répète que vous n’avez pas le temps pour ces sottises, vous avez passé l’âge de vous attendrir devant une futilité. Vous n’êtes plus une petite fille qui se pâme devant un bijou de princesse parce qu’il brille de mille feux.

Enfin, vous vous dites que ce bijou ne fait pas du tout ce genre là. Il n’est pas clinquant, ni bling-bling, il est juste plein de profondeur et de mystère. Il vous rappelle les histoires mystérieuses que vous aimiez autrefois, avant, avant de devenir sérieuse.

Allez-vous entrer, juste pour l’essayer ?

Non, non. Vous allez vous faire alpaguer par la vendeuse qui saura vous embobiner pour vous faire essayer le collier. Après, vous ne pourrez plus résister et vous l’achèterez.

D’ailleurs, on ne voit même pas le prix. Il doit être cher, très cher. Ce n’est pas la peine de rêver ma pauvre fille, ce n’est pas un bijou pour toi.

Alors dépitée, vous vous détachez de la vitrine et vous partez d’un pas décidé dans la direction du parking. Vous vous sentez forte car vous avez résisté. Ils sont tellement forts ces commerçants pour vous faire miroiter des merveilles à des prix pas possibles et vous faire regretter vos achats juste après, remplie de culpabilité.

Vous êtes arrivée à votre voiture tout à fait sereine et presque fatiguée par l’énergie qu’il vous a fallu pour résister à la tentation. Vous vous installez confortablement au volant, mettez votre ceinture de sécurité et tournez la clé de contact dans la foulée. Silence. Rien ne se passe. La voiture ne démarre pas. Vous vous acharnez à remettre le contact encore et encore mais c’est toujours le point mort. Vous pestez. Vous culpabilisez de vous être attardée devant la vitrine de ce foutu magasin. Vous vous engueulez seule dans votre voiture.

Que faire ?

Vous tentez de vous calmer vous réfléchir. Vous sentez une petite voix malicieuse vous dire : Et si tu retournais au magasin ? Tu as bien besoin d’un petit remontant pour te faire plaisir. Et tout de suite après, l’autre voix, la raisonnable : Mais tu n’y penses pas, faire une dépense alors que ta voiture est foutue !

Et puis, vous êtes trop énervée. Vous ressortez de la voiture en claquant la porte sans même la refermer. Tanpis ! De toute façon, elle ne démarre pas alors qui pourrait bien la voler. Vous repartez d’un bon pas vers la boutique, cette fois bien décidée à entrer pour essayer le collier même si votre petite voix coupable vous dit que vous perdez du temps plutôt que d’appeler le garage avant qu’il ne ferme ou de prendre les transports en commun ou d’appeler quelqu’un pour vous dépanner.

Vous passez la porte du magasin en faisant tinter un signal sonore. Plantée au milieu de la petite boutique, vous attendez que la vendeuse vienne à vous car il n’y a personne pour vous accueillir. Pour patienter, vous faites un petit tour des vitrines disposées tout autour et tentez d’apercevoir de l’intérieur le collier exposé dans la vitrine. Vous ne voyez rien tant le décor est dense et arrangé en coupole au-dessus de l’étalage. Vous désirez essayer quelque chose ? La voix vous fait sursauter tant vous étiez absorbée à dénicher votre collier de l’intérieur.

Vous expliquez votre souhait à la vendeuse qui a l’air sorti d’un conte des 1001 nuits, habillée comme une maharani toute d’or et de safran. Celle-ci prend un air désolé en vous disant qu’elle vient tout juste de le céder à une personne il y a à peine un quart d’heure. Vous êtes tellement déçue mais elle ne vous propose rien d’autre comme l’aurait fait une autre vendeuse. Alors vous lui demandez s’il n’y aurait un autre bijou approchant.

Si vous aviez choisi ce collier aucun autre ne pourra vous satisfaire. Croyez-moi, en choisir un autre par dépit, vous serez terriblement déçue.

Vous repartez de la boutique complètement découragée. Vous vous en voulez et en plus vous allez devoir régler le problème de votre voiture en panne. Sur le trottoir, vos pas vous ramène à votre réalité et vous n’êtes pas vraiment pressée. Vous marchez d’un pas tranquille en réfléchissant au moyen de vous sortir de ce problème.

A un moment vous vous rendez compte que vous avez sûrement dépassé votre voiture et vous faites demi-tour. Toujours pas de voiture. Vous vous seriez trompée de rue ? Vous revenez sur vos pas et refaites le chemin. Non, vous êtes au bon endroit mais votre voiture a complètement disparu. En fait, ce collier vous porte la poisse. Vous avez bien fait de ne pas l’avoir acheté. A moins que ce ne soit le contraire, il se venge de ne pas avoir été acheté. C’est une sorte de malédiction en fait.

Il vous reste une seule chose à faire : appeler quelqu’un pour vous aider. Vous pensez tout de suite à votre meilleure amie mais vous tombez sur son répondeur. Vous laissez un message et vous vous asseyez sur le petit banc devant un gros platane tout près. Vous essayez de vous détendre en fermant les yeux pour respirer calmement et vous persuader qu’il n’y a rien de grave. Tout va bien.

Hé oh ! Véro ! tout va bien ? Vous vous réveillez en sursaut, les yeux inquiets de votre collègue Isa rivés sur vous. Vous balbutiez, les yeux dans le brouillard, le cou engourdi contre votre fauteuil à roulettes. T’as l’air vraiment crevé, tu devrais rentrer chez toi, de toute façon, c’est l’heure de la débauche.

Vous vous redressez, éteignez votre ordinateur et ramassez votre affaire machinalement. çà va aller ? demande toujours inquiète Isa. Oui, oui, t’inquiète, j’ai eu un petit coup de mou.

Vous n’avez qu’une idée en tête. Vérifier si votre rêve en était bien un. Vous n’avez jamais marché aussi vite, vous courez presque pour rejoindre la boutique. Il est là. Aussi beau que dans votre rêve mais était-ce un rêve ?

Quand un bijou vous choisis, n’hésitez plus …

Oui, j’en ai marre !

Marre de cette crise. Marre de me sentir coincée. Marre de ne plus sortir que pour faire les courses et pour me balader. Marre de tout ce que l’on nous dit. Marre de toute cette culpabilité. Marre des vaccins, pro ou anti. Marre je vous dis.

Bon, je vois des gens, de temps en temps, mais beaucoup moins qu’avant. Alors faut que çà sorte, que çà explose, que çà respire. 

Vous me direz, c’est normal, c’est le printemps qui commence à sérieusement nous chauffer. Mais quand même ! Y’en a marre !

Alors dans ces cas là, j’ai envie de tout envoyer balader : boulot, abonnés, site, réseaux, etc… tout je vous dis !

Et çà fait du bien rien que d’y penser, rien que de vous l’écrire, rien que de l’imaginer.

Alors comme çà va mieux, je cherche des solutions à ma crise existentielle car s’en est bien une.

Besoin de me retrouver, de retrouver mon essence, de me recoller à ce pourquoi je fais tout çà.

Besoin de changement aussi, alors je vais sans doute changer des choses, des habitudes et sans doute revoir tout mon site.

Besoin d’alléger, d’élaguer et j’ai supprimer toutes mes propositions d’ateliers. Revoir tout çà sous un oeil neuf pour proposer moins et mieux. Quelque chose qui soit plus en accord avec moi, mon nouveau moi, avec ce que je suis sans chercher à coller avec ce qui se fait, ce qu’on doit faire, ce qui fait pro, ce que les autres font, ce que l’on me conseille, ce que l’on voit sur les réseaux. 

Tout çà passe par le retrait, l’absence, le vide pour mettre en évidence le sens, le souffle, le corps et ses ressentis. La créativité a besoin de silence et de solitude aussi. Je me retire dans ma caverne plus souvent. J’ai de la chance j’en ai une. 

Les émotions vont et viennent comme les vagues. On a beau essayer de les gérer, les dompter, les comprendre, elles font partie de nous et notre seul travail est de les reconnaître. C’est notre face sombre ou notre face lumineuse.

Elles vont et viennent comme le jour succèdent à la nuit. Il n’y a pas a en avoir honte ou à essayer de les cacher, de le repousser, de les ensevelir sous des tonnes d’autres choses, d’autres émotions qui ne sont pas nous, elles rejailliront quoi que l’on fasse.

Elles vont et viennent comme la roue d’un moulin sans fin qui plonge dans l’eau froide et nous retrouve haletant.e pour reprendre notre souffle. Elles nous coupent la respiration, nous barrent le chemin que l’on voulait prendre, sapent notre énergie et mènent notre vie vers une direction qui ne nous convient pas.

Les émotions sont fluctuantes. Le temps qu’il fait, un rayon de soleil, un compliment, une remarque, une proposition, une pensée, un souvenir et tout est changé, chamboulé. Vers le côté sombre. Vers le côté lumineux. Cela dépend d’où nous nous trouvons au moment où cet événement survient.

L’émotion agréable irradie de l’intérieur vers l’extérieur, elle est toute extériorisation. Elle demande à sortir, à exploser à être exprimée et partagée. L’émotion désagréable nous indique qu’une part de nous n’a pas été respectée et qu’elle demande justice pour que l’équilibre soit retrouvé. Ce n’est pas à l’extérieur que nous allons retrouver cette part manquante et cet équilibre, c’est à l’intérieur de nous, en nous.

Cette chose qui arrive est toujours extérieure à nous.

L’émotion désagréable est le signe que nous nous sommes tourné.e vers l’extérieur, vers l’autre, les autres, le regard des autres. Le signe que nous n’avons pas pensé à nous, à notre intérieur, à notre corps et à ce qu’il ressent, à ce qu’il a à nous dire. Le signe que nous nous sommes détachés de nous et que nous avons rompu le lien avec nous-mêmes.

L’intériorité, le silence, le calme, la paix, la solitude, la rêverie, le lien avec la puissance de la nature sont des valeurs qui ont été rejetées, niées, dévalorisées. Elles passent souvent pour être les symboles des parias, des décalés, des exclus, des bizarres, des êtres que l’on ne comprend pas, des femmes bien sûr, mais aussi les comédiens, les artistes, les lecteurs. Le symbole de personnes qui ne font pas vraiment partie de la société, qui s’en écartent par choix ou parce qu’ils ne correspondent pas aux lois dictées par une hiérarchie, qu’elle soit religieuse, étatique ou élitiste. Cette société d’économie de marché qui valorise tout le contraire : le bruit, la consommation, la masse, le profit, la guerre, l’action, le plus offrant, la rapidité. On est tellement plus malléable et plus gouvernable quand on ne pense pas par soi-même et qu’on ne prends pas le temps de réfléchir.

Les émotions nous rappellent à notre humanité

Un peu de bienveillance, de temps et de douceur pour tout ce qui nous relie à notre nature, à notre corps, à ce flux de sang qui coule dans nos veines inlassablement. Quand les émotions nous dérangent, c’est qu’il y a quelque chose à comprendre, quelque chose à écouter, quelque chose à intégrer et à digérer. Les surgissements des sensations désagréables nous disent Pourquoi ? Que se passe-t-il ? De quoi as-tu besoin que tu ne comprends pas ?

Cet article m’a été inspiré par ma lecture du livre de Susan Fletcher Un bûcher sous la neige. L’histoire d’une guérisseuse que l’on traita de sorcière pour les besoins d’une cause qui n’était pas la sienne. L’héroïne Corrag fait toute entière corps avec la nature et l’immanence (CNRTL : présence par mode d’intériorité). L’histoire fait référence au massacre de la communauté de Glencoe dans les Highlands écossaise en 1692 dans le climat de la révolution anglaise. Durant trois siècles, en Grande-Bretagne, plus de 100 000 femmes instruites, indépendantes, âgées furent accusées de sorcellerie, torturées, condamnées et brûlées ou pendues. Corrag est devenue une légende et fait partie du folklore. Si vous aimez les landes sauvages, l’Ecosse et la nature, vous allez adorer.

Je ne sais pas mais je crois que c’est dans l’air. Est ce que c’est la saison qui fait que le cœur se gonfle d’innombrables émotions toutes plus contradictoires les unes que les autres. A moins que ce ne soit l’alignement des planètes et l’ère du Verseau tout à la fois qui charrient un « je ne sais quoi ». C’est arrivé petit à petit, puis d’un coup comme une évidence.

C’est comme si tous les signaux c’étaient mis au vert. Pour dire, mais oui, c’est çà ! Dire qu’on le savait mais qu’on ne s’en rendait pas compte. Nous sommes tous collés à nos téléviseurs, nos écrans, nos livres et nos tablettes et à toutes nos occupations et divertissements. Nous sommes tous prix dans les filets de nos ambitions et de nos priorités. La maison, le travail, la famille, la religion, nos certitudes et nos culpabilités cernent nos vies où nous oublions si souvent le plaisir, la légèreté, la joie.

Il manque pourtant, souvent, une chose dont nous n’avons pas forcément conscience. Nous le savons. Ce manque est tapi au fond de nous, depuis les contrées du berceau, l’enfance, l’adolescence, l’âge adulte et la vieillesse. Nous traversons la vie comme des mendiants d’une chose qui déborde de nous mêmes mais nous savons si peu la donner, si peu la recevoir. Nous manquons de temps, ce foutu temps dans lequel nous mettons toutes nos peurs.

Ce que j’ai ressenti dans l’air du temps, vous le sentez peut-être aussi. Il est dans le fil de mes pages, sur les images, dans tout ce que nous voyons, lisons, regardons. Nous le sentons tous mais aveugles que nous sommes nous ne voyons pas à l’intérieur combien nous en avons besoin, combien il transpire de partout, où que nous soyons. Il crie famine, il désespère, il hurle de douleur et de rage. Il est partout. Il n’est nulle part. Il nous constitue. Il nous construit. Il nous fait naître et renaître parfois.

Bien sûr, c’est bâteau, rabaché, dévoyé, saupoudré partout, enluminé, gâché, considéré comme ringard, rose bonbon, ridicule, mièvre. Pourtant, c’est bien là. Parfois maladroit, parfois mal emballé. Pourtant il arrive comme une vague immense que l’on voit de loin et soyez sûr.e qu’il ne peut pas nous faire mourir, bien au contraire. C’est la vie même.

Ce souffle de vie, cet élan vital qui nous submerge rien que d’y penser, cette bouffée merveilleuse qui nous transporte de joie pure. Regardez bien, observez avec attention, scrutez vos fils d’actualité, vos courriels, vos regards, les yeux de ceux qui les baissent, les yeux par dessus les masques, sur les mains que l’on ne tend plus, dans les corps que l’on n’étreint plus. Pas besoin de le nommer. Il est partout et je vous en envoie plein par mes mots, par mes pensées et par le cœur. Devenez contagieux.se d’amour. Faites-en une pandémie d’un virus dont nous ne voulons pas de vaccin.

Si vous êtes d’accord avec moi, je vous invite à m’envoyer un peu de votre cœur en symbole d’amour en commentaire.

Ce n’est pas la nuit noire du sommeil ou de l’insomnie.

C’est la nuit des enfants perdus, la nuit de l’inconnu qui nous cerne et nous perd.

Nous ne voyons pas les contours et nos aiguilles s’affolent de tant de flou, de brumes et d’incertitudes.

Nous voulons être sûr.e.s mais les temps ne nous offrent aucun repos.

Faire comme l’oiseau qui chaque jour se pose sur la branche pour attendre la fin de l’orage, le début du jour ou le coucher du soleil.

Ne pas lutter mais se laisser porter par le vent du hasard.

Guetter les rayons du soleil, les clairières et les accalmies.

Vivant au milieu du vivant.

Un instant de sérénité, après l’autre, créer quelque chose, laisser sa trace pour l’éternité ou pour le néant. Qu’importe.

LE COMPLEXE DE LA SORCIERE d’Isabelle Sorente (JCLattès)

Ce livre m’a absolument scotchée

Les yeux rivés sur le livre achevé en moins d’une semaine (eh non je ne lis pas toute la journée ;-))

La première partie, Apparition, a été une traversée hallucinante.

Bien que je savais déjà quelques « petites » choses sur le martyr des centaines de milliers de femmes soi-disant sorcières. Cela ne se passait pas au Moyen-Age mais bel et bien à la Renaissance et pendant au moins deux siècles.

Ce livre est une enquête foisonnante

Entre recherches et lectures de documentations sur les sorcières, les grandes chasses, créativité et traumatisme et évolution personnel de l’auteur/de la narratrice (sur la couverture, il est noté « roman »). C’est la démonstration du comment les chasses aux sorcières ont eu pour but la négation de soi comme torture mentale comme si les sévices physiques ne suffisaient pas…

Quoiqu’il en soit nous sommes toutes et tous imprégnés et influencés par les grandes chasses dont le traumatisme n’a pu que se transmettre de générations en générations, y compris sur les hommes, témoins, pères, frères, maris, amis, enfants…

Le traumatisme est commun dans toute l’Europe sur des dizaines d’années.

Comment ne pas voir dans nos vies de femmes, voir de certains hommes, le retentissement de ce traumatisme au plus profond de notre psyché et de notre mémoire collective ?

On peut se dire « mais non, ce n’est pas moi ».

Je peux vous dire qu’il suffit de repenser à certains épisodes de nos vies pour y voir beaucoup de nos comportements et ressentis.

À lire, absolument, intensément, passionnément.

Je sais que les sorcières sont « à la mode » et je n’ai aucune envie d’en être une. Juste être une femme dans toute sa puissance créatrice et dans toutes ses facettes. Il n’en suffisait pas autant pour être brûlée à cette époque des débuts de l’imprimerie où les brûlots contre les femmes ont commencés à s’écrire et à se diffuser.

Suivons la joie et la beauté.
Christine

+ d’infos

«  Les histoires que je lis sont celles de femmes accusées d’avoir passé un pacte avec le diable parce qu’un veau est tombé malade. Les histoires que je lis sont celles de femmes qui soignent alors qu’elles n’ont pas le droit d’exercer la médecine, celles de femmes soupçonnées de faire tomber la grêle ou de recracher une hostie à la sortie de la messe. Et moi, je revois le cartable que m’a acheté ma mère pour la rentrée de sixième, un beau cartable en cuir, alors que j’aurais voulu l’un de ces sacs en toile que les autres gosses portent sur une seule épaule, avec une désinvolture dont il me semble déjà que je ne serai jamais capable. Je revois mon père tenant ma mère par la taille un soir d’été, je le revois nous dire, à mon frère et à moi, ce soir, c’est le quatorze juillet, ça vous dirait d’aller voir le feu d’artifice  ? Cette contraction du temps qui se met à résonner, cet afflux de souvenirs que j’avais d’abord pris pour un phénomène passager, non seulement ne s’arrête pas, mais est en train de s’amplifier.  »

En trois siècles, en Europe, plusieurs dizaines de milliers de femmes ont été accusées, emprisonnées ou exécutées. C’est l’empreinte psychique des chasses aux sorcières, et avec elle, celle des secrets de famille, que l’auteure explore dans ce roman envoûtant sur la transmission et nos souvenirs impensables, magiques, enfouis.

«  Roman-enquête dans l’histoire et l’imagerie de la sorcellerie, récit intime d’une adolescence douloureuse. Le complexe de la sorcière se révèle d’une grande finesse.  » Transfuge

«  Ce livre est foisonnant et passionnant. Je mets au défi chaque lectrice et lecteur de ne pas être profondément bouleversé par ce texte.  » Psychologies Magazine

«  Un livre remarquable d’authenticité et ensorcelant de vérité dévoilée.  » La règle du jeu

Source : Site Fnac

« Ce qu’on ne peut pas dire, il ne faut surtout pas le taire, mais l’écrire » Jacques Derrida
Ce qui manque. Ce qui nourrit. 

Le cinéma et ses salles obscures, toutes les émotions et les joies des histoires et des personnages que l’on partage au milieu des autres spectateurs.

Les avants et les après.

Les verres en terrasse ou au chaud, les petits restos et leurs bons plats qui nourrissent et réchauffent le cœur et le corps.

Les « on va boire un verre, tu viens ? »

Les sourires, les rires et les visages devant soi, devant moi et dans la foule des inconnus dans la rue.

Les cours de danse et la salle de sport, l’énergie de la prof et ses encouragements, la compagnie des autres, les odeurs, les vêtements que l’on porte rien que pour venir là.

Les autres, toutes les autres, les bisous et les embrassades.

Les spectacles, les spectateurs,  les fauteuils où l’on se calent avant.

Les expos, les découvertes, la curiosité, la surprise.

Le réel, le vrai, le vivant, c’est ce qui nourrit c’est autant valable dans l’alimentation que pour l’art et la culture.

Tiens, çà me donne envie de relancer les atelier d’écriture

Et vous, qu’est-ce qui vous manque que vous ne dites pas ?

A bientôt ici ou dans mon atelier.

L’année se termine d’une manière inédite pour vous, comme pour beaucoup d’entre nous. 

Bien sûr nous nous doutons que tout cela n’est pas fini et que d’autres surprises nous attendent. N’est ce pas ce qu’est la vie ? Une infinité de surprises qui surgissent sur notre route. Nous essayons de border et de sécuriser autour de nous, pour nous protéger ainsi que ceux que nous aimons, pourtant les choses arrivent. 

Une fois, j’ai entendu une citation d’Antonin Artaud que je n’ai jamais oubliée : Nous nous aimons plus haut que les choses qui arrivent.

C’est une phrase qui me portent souvent dans les jours de désespérance et de blues. Alors j’avais envie de vous la partager ici pour vous tenir le cœur au chaud.

Nous savons bien que c’est le plus important même si nous nous hasardons à dire le contraire quand il nous fait défaut. 

Je vous sers un peu de mélancolie aujourd’hui mais c’est un sentiment doux et agréable que j’aime. Une forme de résistance comme dit l’un de mes libraires préférés.  Pour les Français.e.s et Tourange.lles.aux, Le livre, place du grand-marché, et La vagabonde, rue Bernard Palissy, à Tours. 

Le bonheur ce n’est pas se persuader que tout va bien tout le temps et créer une forme de nouvelle dictature du bien être.

Vivre c’est malgré tout saupoudrer la vie de magie et de lumière pour faire pétiller les yeux, voir le merveilleux dans les petites choses, croire à l’inattendu et au plus grand que soi, créer de la beauté et faire vivre l’artiste en nous.

C’est que je tente de transmettre et de partager dans ce que je fais. Notamment avec le parcours des cartes intérieures qui se termine aujourd’hui 21 décembre, solstice d’hiver et jour le plus court de l’année.

J’en profite pour vous souhaiter de belles et douces fêtes de fin d’année, qu’elles soient lumineuses pour vous et pour ceux que vous aimez. 

Je fais une pause et je vous retrouve bientôt à partir du 4 janvier.
Je vous embrasse.