Le droit de ne pas finir

Depuis la lecture du livre Je ne veux pas choisir, j’ai commencé une réflexion sur le fait d’avoir envie de commencer une ou plusieurs activités sans pour autant les terminer.

Depuis l’enfance, nous entendons « finis tes devoirs et après tu pourras jouer », « quand tu auras fini de mettre la table, tu pourras lire », « finis d’abord ton dessin avant de commencer ce jeu », « finis l’année et après tu verras » etc, etc…

Alors nous finissons notre assiette même si nous n’avons plus faim, nous continuons à lire un livre qui nous ennuie, nous restons jusqu’au bout d’une séance de cinéma alors que nous détestons le film, nous restons avec une personne puisque les enfants sont petits…

Nous passons notre vie à attendre d’avoir fini quelque chose avant de commencer autre chose, même si ce que nous faisons ne nous apporte rien, nous déplaît, nous fait du mal…

Il y a longtemps, j’avais commencé une formation de vendeuse d’encyclopédies en porte à porte. Et oui, parfois on fait des choses qui sont complètement éloignées de ce que nous sommes, simplement pour l’expérience ou pour gagner un peu d’argent.

La femme qui m’expliquait comment elle procédait pour placer ses encyclopédies était une vendeuse expérimentée et je devais la suivre dans ses démarches. Autant vous dire que ce genre de services ne me plaisait pas du tout et la goutte d’eau qui a fait déborder le vase c’est qu’elle me faisait poireauter toute la matinée dans ma chambre d’hôtel avant de venir de chercher pour m’expliquer le métier. Au bout de deux jours, j’en ai eu ras-le-bol et je me suis barrée sans explication. Rien de tel que de se sentir abandonnée pour réaliser que finalement non, on préfère changer d’orientation.

Il n’y aucune raison valable pour continuer quelque chose qui ne nous convient pas et qui ne respecte pas la personne que l’on est.

Bien sûr, nous avons tout un tas d’histoire où un jeune – ne me demandez pas pourquoi c’est toujours un jeune que l’on retrouve dans ce genre d’histoire – est obligé de continuer une formation ou une activité et par miracle à force de persévérance, il réalise que c’est merveilleux et qu’il a trouvé sa voie.

Il faudrait se forcer dans un travail, une formation, une activité et avec le temps ce travail, cette formation, cette activité deviendra notre voie, la chose que l’on aurait complètement ratée si on n’avait pas continué ?

Cette manière de raisonner me paraît complètement obsolète mais est-ce qu’elle a été un jour actuelle ?

Bien sûr, la ténacité est nécessaire lorsque l’on a un projet en tête, un rêve qui nous porte et que l’on veut aller au bout de ce qui nous tient à cœur. Bien sûr que la répétition est nécessaire pour s’entraîner et apprendre à maîtriser un geste, une technique.

Mais on peut très bien avoir envie de commencer le judo en septembre et comprendre au bout de quelques semaines ou quelques mois que ce sport n’est pas fait pour nous.

On peut se lancer dans l’écriture et réaliser que vivre en ermite chaque matin devant son ordinateur n’est pas du tout ce que l’on avait envisagé.

Il est possible de travailler comme femme de ménage le matin et être guide dans un musée l’après-midi. On peut tout à fait commencer la peinture et ne jamais finir une toile. On peut écrire des mots et des phrases sans entreprendre l’écriture d’un roman ou d’un essai.

Bien sûr, il y a les fausses excuses, les explications foireuses et nos petites peurs de ne pas réussir ou de réussir, il y a des renoncements et des envies d’ailleurs, et alors ? On a le droit d’avancer et de reculer, de choisir et de se tromper, de commencer et de ne pas finir.

Pourquoi ce besoin de cocher des cases, de rayer des tâches sur une liste, de remplir les agendas, de réaliser des objectifs ? On peut aimer les débuts et s’arrêter là, on peut vouloir apprendre une technique et passer à autre chose, on peut se passionner pour une partie, un détail et se désintéresser de tout le reste.

Et si, on se donnait le droit de papillonner, de faire plusieurs choses à la fois, de commencer sans finir, de faire par petits bouts ?

On pourrait inventer un musée des œuvres non terminées, une fondation des projets non aboutis, une étagère des choses non finies comme dans le livre Je ne veux pas choisir.

On pourrait laisser un peu de vide, un peu d’air. On pourrait se laisser tranquille et se ficher la paix. Cela ne ferait pas de nous des personnes moins intéressantes ou moins bonnes, cela fait de nous des personnes humaines, avec leurs doutes et leurs failles, leurs désirs et leurs espoirs.

Et puis, de temps en temps, il y a quelque chose qui vraiment nous fait vibrer, nous emporte plus que tout ce que l’on a fait. Alors, on y va, on avance sans penser où cela va nous mener, ni ce que cela va donner, on fait, on crée, on est et on ne se pose plus de question et on s’en fou de ce que pense les autres.

😉

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