Ne rien faire, est-ce vraiment rien ?

Un après-midi, j’ai décidé de ne rien faire pour voir ce que cela me faisait. L’idée m’est venue après avoir lu le livre de Julia Cameron « Libérez votre créativité ».

Ce qui m’est resté de la lecture de ce livre ce sont deux habitudes à prendre :

Ecrire trois pages tous les matins de tout ce qui me passe par la tête.

Bon, çà je le fais depuis plusieurs années. On pourrait penser que c’est une perte de temps mais en fait cela vide la tête d’un tas de choses inutiles comme le ressentiment, la colère, la frustration, et bien d’autres émotions pas très agréables… oui rien que çà.

En plus de nous faire du bien cet exercice est utile pour trouver des solutions, des réponses en soi, mais aussi il traque les petites choses agréables ou non que l’on aimerait mieux se cacher à soi-même.

Il aide à nous voir tel-le que nous sommes. C’est à dire des êtres imparfaits et pas seulement des êtres qui se voudraient tels que nous aimerions l’être, c’est à dire presque parfaits. Non cela n’existe pas, n’insistez pas.

Vous n’êtes pas parfaits. Je ne suis pas parfaite. Ce fantasme est plus répandu que l’on ne pense. Même lorsque l’on croit ne pas se faire d’illusion sur la vie et sur le monde. Oui, nous avons notre part d’ombre tout comme notre part de lumière.

C’est important de l’accepter. Pour être bienveillant avec soi-même mais aussi avec la part d’ombre des autres. Quand on se penche un peu sur la psychologie humaine et sur ce qui se passe dans notre vie, on comprend que les difficultés que l’on peut avoir sont simplement là pour nous dire qu’il y a quelques petites choses à revoir chez nous.

La seconde habitude est de consacrer deux heures par semaine pour un rendez-vous avec l’artiste.

Quel artiste me direz-vous ? Vous avez bien une petite idée non ?

Cet enfant intérieur qui vit en nous et que nous oublions souvent dans la course du quotidien. D’ailleurs, même quand ce n’est pas la course, nous ne pensons pas souvent à lui. Nous le délaissons en pensant que maintenant que nous sommes adultes, nous n’avons aucunement besoin de ce petit être fragile, poétique, créatif et plein d’amour qui nous rappelle combien nous sommes vulnérables et combien nous avons besoin de rêver.

Alors toutes les semaines, je prends deux ou trois heures pour laisser parler en moi cette petite voix qui me dit d’arrêter de projeter, de me donner des objectifs, de penser à mes tâches quotidiennes, de réfléchir à comment je pourrais faire pour être plus performante, plus ceci ou moins cela.

Cela peut être de décider de faire une grande balade dans la nature ou ailleurs, d’aller au cinéma, de voir une exposition, de visiter un lieu que l’on ne connaît pas, de prendre le temps de sortir ses carnets, ses couleurs et ses pinceaux pour se laisser aller au dessin ou à la peinture, flâner dans une librairie ou une bibliothèque (je parle pour moi, mais cela peut être au rayon bricolage, jardinage…), reprendre ce pain de terre que l’on avait acheté il y a quelques temps sans l’utiliser par la suite… Il y a tellement d’endroits à l’intérieur de nous que l’on abandonne pour rester raisonnable !

La liste des choses que l’on ne prend pas le temps de faire quand nous sommes pris par nos tâches et nos obligations du quotidien peut être longue, très longue parce que nous avons l’injonction intérieure d’être utile, de faire quelque chose qui serve à quelque chose ou à quelqu’un. Sans compter que ce n’est pas très bien vu l’oisiveté. C’est même très mal vu et ce n’est pas nouveau. Tout le monde connaît le diction : « L’oisiveté est mère de tous les vices » ? Alors qui voudrait prendre le risque de passer pour un-e dépravé-e ? Un être sans intérêt et sans but.

Pour moi, cet après-midi là, mon rendez-vous avec mon enfant intérieur, c’était de ne rien faire. Quand je dis rien, c’est à dire que je n’avais rien prévu, rien projeté. Je ne m’étais pas dit que pendant ce temps de non travail, j’allais en profiter pour faire des activités qui me font plaisir. Non. J’avais vraiment décidé de ne rien faire du tout. Pas de jardinage, pas de loisirs, pas de distraction, pas d’exercice, pas de sport. Rien. Pas de téléphone, pas d’ordinateur, pas de tablette. Pas de réseaux. Rien je vous dis.

Au début, c’est un peu déstabilisant. On se pose dans un fauteuil. On regarde autour de soi. Et puis, c’est le silence. On réfléchit bien sûr. On a les yeux dans le vague. On se laisse aller à ses pensées. On peut avoir peur de tout ce rien mais si l’on oublie la culpabilité de ne rien faire, on peut se dire que ce n’est que deux heures dans toute notre vie.

Ne rien faire cela ne veut pas dire ne pas bouger. Faire le tour de la maison ou du jardin. Regarder un avion qui passe dans le ciel, puis un oiseau. Les feuilles qui tombent ou les bourgeons sur les branches. Découvrir le minuscule, l’habituel, l’ordinaire, le caché. En nous et autour de nous. Aller sur le balcon ou à la fenêtre, regarder les gens passer, écouter les bruits. Ce robinet qui goutte. Les tuyauteries. Des pas au-dessus. Attendre rien. Traîner, regarder, observer, écouter. Goûter le silence. Se sentir tranquille. Avoir conscience de tout son corps, de ce qu’il y a à l’intérieur et de comment on se sent maintenant.

Alors ne rien faire peut être une grande source de créativité. Cela laisse au cerveau un peu de vide pour laisser entrer du nouveau, des idées, des rêveries; des choses un peu folles. Penser à les noter si l’on veut. C’est comme juste après un rêve, si on ne l’écrit pas tout de suite, on l’oublie.

Enfin, j’ai pris un livre à un moment. Le temps est passé si vite à ne rien faire c’est pour cette raison qu’il est précieux. Ce n’est pas rien de sentir la vie nous traverser.

Merci pour votre lecture 🙂

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Christine Lenoir

Un commentaire sur “Ne rien faire, est-ce vraiment rien ?

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  1. Ce n’est pas évident de ne rien faire… Noter ses idées, c’est vrai que c’est une très bonne chose car on a tendance à croire que notre mémoire est infaillible, ce qui est une ineptie.
    Donc ? donc je vais encore plus noter mes idées sur un petit carnet…

    Aimé par 1 personne

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